Claude Vanderlinden, responsable.
«Gros plan : regards sur la vie et le monde», ce cycle de documentaires
se veut «fenêtre ouverte» sur la réalité d’aujourd’hui dans ce qu’elle a
parfois de troublant voire même de dérangeant. Au programme, donc, des œuvres fortes, portées par de vrais talents, ouvrant sur des débats passionnants...
A voir, à vivre et à partager absolument.

Interview de
Claude Vanderlinden.
Quel rôle avec-vous joué dans l'élaboration du Forum Saint Pierre ?
Le projet était déjà en discussion avant que j'arrive à Saint Pierre (voir "Petit autoportrait" en fin d'interview). On avait imaginé deux volets : un séminaire public et un cycle de films documentaires. J'ai aussitôt adhéré avec enthousiasme à cette idée. Il me paraissait important d'offrir un lieu d'ouverture où l'Eglise serait présente sur le terrain de la culture et des débats contemporains. J'ai toujours été passionné par les documentaires. Sans que nous ayons à parcourir le monde, ils nous ouvrent à d'autres peuples, d'autres cultures, nous projettent vers de nouveaux horizons. Ils nous aident à mieux comprendre ce monde dans lequel nous vivons et toutes ces personnes que nous côtoyons.
Comment concevez-vous un cycle de documentaires ?
Nous voulions présenter des films qui suscitent un débat. Nous sommes donc allés au Festival de Nyon : "Visions du Réel". Nous avons été saisis par la richesse, la diversité des œuvres présentées. C'est là que nous avons trouvé la base de notre programmation. Nous avons sélectionné une trentaine de films. En fonction de leurs thèmes, bien sûr, mais aussi avec des critères de langue et de durée. Nous avons retenu des films d'une heure environ, en français si possible ou au moins sous-titrés. Nous sommes aussi attentifs à d'autres sources. Ainsi, des relations dans le monde du cinéma ou de la télévision nous signalent régulièrement des films intéressants…
Comment, concrètement, organisez-vous ces soirées ?
Sur la base d'une programmation originale, en dehors des sentiers battus, nous souhaitons faire découvrir des talents, susciter la réflexion et l'émotion, nourrir le débat et l'échange.
Nous présentons des films qui sont en prise directe avec l'actualité, la réalité que nous vivons. Pour enrichir la soirée, nous tenons beaucoup à la présence d'un(e) intervenant(e), soit directement impliqué(e) dans la création du film (réalisateur, acteur…), soit très concerné(e) par le sujet abordé.
Et, de fait, les réalisateurs font preuve d'un intérêt et d'une disponibilité remarquables… Les mondes du cinéma et des médias ont d'ailleurs très favorablement accueilli notre projet. Nous entretenons une relation privilégiée avec Radio Cité qui présente chacun de nos films au travers d'une interview.
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Temps forts et premiers échos ?
Notre expérience est encore limitée puisque nous avons commencé cette activité en octobre 2006. Nous n'avons cependant, pour l'instant, que des retours très stimulants. Ainsi, pour la projection du film "S21" de Rithy Panh, nous avions quelques inquiétudes. Un sujet dur, le génocide cambodgien, un film long, une version sous titrée…
Notre public supporterait-il ? Il s'est montré passionné. Par le film tourné avec pudeur et retenue. Par la problématique mettant en évidence les mécanismes conduisant à la dictature et qui nous concerne tous. Par le témoignage de l'intervenant, James Burnet, journaliste français ayant suivi le tournage…
La rencontre avec Hormuz Kéy, réalisateur de "La vie est une goutte suspendue", fut, elle aussi, un temps fort, inoubliable. Caméra sur l'épaule, Hormuz Kéy filme nos instants anodins pour en faire des moments intenses. Il est tout de suite devenu un ami. La vision du réel est parfois tragique… mais n'est-ce pas le monde qui l'est ? Un film, ce film tout particulièrement, peut bouleverser, laisser certains spectateurs interloqués…
Mais les débats qui s'ensuivent sont toujours nourris et profonds. Ce sont là des expériences uniques, irremplaçables, que nous offrons à Genève.
Claude Vanderlinden.
Petit autoportrait brossé à grands traits…
"Né en Belgique en 1946, je suis marié, père de trois enfants et déjà deux fois grand père. Après une première formation en sciences commerciales à l'Université Libre de Bruxelles, je me lance dans les études de théologie à l'Université de Genève. J'obtiens la licence en 1974. Sitôt après, j'effectue mon stage pastoral dans la Paroisse de Saint Pierre. En 1975, j'intègre un premier poste à l'Eglise Française de Soho Square, à Londres.
C'est alors, pour moi, l'occasion de découvrir une autre culture et d'autres Eglises, surtout l'Eglise Anglicane avec laquelle nous entretenions de bons contacts. En 1978, retour en Suisse, dans le canton de Neuchâtel où je suis, pendant 17 ans, pasteur à Môtiers Val-de-Travers et à la Chaux-de-Fonds, ainsi qu'aumônier des sourds et malentendants.
En 1995, Genève de nouveau où je suis, pendant 10 ans, pasteur de la paroisse d'Anières-Vésenaz. Au 2005, au bénéfice d'un temps sabbatique, je vis à Auroville dans le sud de l'Inde, une cité utopique pourtant devenue réalité. Je fais, ensuite, un stage de journaliste dans une radio locale et l'expérience d'un travail de vendeur dans une grande surface de Neuchâtel, pour vivre la vie comme elle est. Depuis septembre 2005, je suis l'un des pasteurs de la cathédrale Saint-Pierre..."
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